Exemple Module 5 – Auxiliaire de puériculture


INTRODUCTION

Pour respecter le secret professionnel et dans l’intérêt du respect de l’enfant, son prénom ainsi que celui de la soignante ont été changés, le lieu de l’établissement ne sera pas cité. Le langage familier de l’enfant a été gardé pour mieux comprendre son ressenti.

Il s’agit de mon troisième stage, je suis dans le service de pédiatrie générale. Il est 22h30, je fais équipe de nuit en binôme avec Célia, l’infirmière puéricultrice. Nous avons fini le tour de surveillance il y a une heure, parmi les enfants présents ce soir-là, il y a Alexis un garçon de 13 ans, hospitalisé pour une ostéomyélite du tibia droit. Il s’agit d’une infection de l’os dû à un germe bactérien provoquant un abcès. Alexis est algique, le traitement le soulage mais pas assez longtemps entre chaque prise. Ce soir il est seul car sa mère n’a pas pu trouver de moyen de garde pour sa petite sœur. J’ai choisi cette situation de communication car c’était la première fois lors de mes stages que je me trouvais confronté à la douleur d’un enfant, cela m’a déstabilisé.

Dans une première partie je ferais la description de la situation de communication que j’ai choisie. Ensuite j’analyserais les points faibles et les points forts de ma communication. Puis pour finir j’expliquerais ce que m’a apporté cette situation, qu’elle a été son intérêt pour moi et je présenterais comment elle aurait pu se dérouler autrement.

DESCRIPTION

Il est 22h30, la sonnette de la chambre d’Alexis retentie. Je frappe à la porte et entre. J’éteins la sonnette, je me dirige vers le distributeur de solution hydro-alcoolique qui se trouve à gauche de la porte, j’en dépose une dose dans mes mains et je m’approche du lit en les frictionnant. La chambre semble vide et spacieuse, c’est surement dû au fait qu’il y ait très peu de mobilier. A ma droite il y a une télévision accrochée au mur et en dessous il y a une chaise posée contre celui-ci. Un peu plus loin, il y a la porte de la salle de bain qui est entre-ouverte. Au fond de la pièce se trouve de grandes fenêtres opaques, on aperçoit un lit de camp plié et rangé. A ma gauche se trouve le lit médicalisé, il se situe au centre de la pièce, il est imposant et domine l’espace. D’un côté du lit se trouve une table de chevet et de l’autre on repère une tablette à roulette avec divers objets posés dessus. Les stores étant fermés, la pièce est dans l’obscurité et seule la télévision apporte un filet de lumière, le son est à peine audible. L’émanation d’alcool de la solution sur mes mains s’estompe et est remplacée par l’odeur d’antiseptique provenant du pansement de la jambe du patient. Alexis est face à la télévision mais ne la regarde pas, le dossier de son lit est un peu relevé mais lui est recroquevillé dans celui-ci, il a le visage fermé et il grimace.

Dès que je suis proche de lui, il me murmure :
« Je ne sais pas comment me mettre », tenant les draps à poings fermés.
Je réponds doucement avec le sourire :
« Je vais t’aider à trouver une position qui te convient. »
Je prends le coussin sur lequel son pied est posé et le repositionne délicatement. Il scrute chacun de mes gestes avec appréhension et serre un peu plus les draps dans ses poings. Sourcils froncés, il est concentré sur mes mouvements, j’ai peur d’accentuer sa douleur.
« Surtout n’hésites pas à me dire si je te fais mal. »
Il grimace quand je déplace le coussin mais aussitôt se décontracte dès que je le pose. J’appuie sur la télécommande pour qu’il soit allongé, il m’arrête net.
« Stop ! Non je préfère être assis en fait, en plus j’arrive pas à dormir. »
Je relève son dossier pour qu’il soit presque assis. Il me fait comprendre avec sa tête que l’inclinaison lui convient, je raccroche la télécommande à la barrière du lit tout près de lui. Alexis s’essuie les mains, que je suppose être moites, sur les draps, il ferme les yeux avec force et ses lèvres sont tellement pincées qu’elles deviennent blanches.
Je reconnais les signes de la douleur et je souhaite mesurait celle-ci. Cela me déstabilise, j’ai moi-même les mains moites, je me sens nerveuse, je lui demande avec un ton incertain :
« Sur une échelle de 1 à 10, tu… » Sur un ton assuré et triste en ouvrant de grands yeux, il me coupe avant que puisse finir ma phrase.
« 8,5… 9, j’ai vraiment mal. Sa bouche tremble et j’entends les sanglots dans sa voix. »
« Écoute, je vais parler avec l’infirmière pour qu’elle puisse faire quelque chose pour toi, nous n’allons pas te laisser comme ça. » Mon apparence et ma voix sont troublées. Je rentre et sors mes mains de mes poches deux fois de suite. Je ne lui laisse pas le temps de me répondre, je sors rapidement de la chambre.
5 minutes plus tard je frappe à la porte, je marque une pause et entre. Je lui parle en marchant et rapidement.
« J’ai parlé à Célia, il lui reste deux soins à faire et elle vient te voir. Il faudra patienter un petit peu. » Difficilement et sans entrain, il me répond :
« Ok. », après une pause il rajoute :
« J’en ai marre, pourquoi ça arrive à moi. »
Il ne sanglote plus, il pleure. Je me sens impuissante et je ne sais pas comment le réconforter, je regarde autour de moi et je vais dans la salle de bain chercher du papier. En revenant, je m’assoie pratiquement au bord du lit, je le lui donne le mouchoir et avec bienveillance je lui dis :
« Elle a eu le médecin au téléphone et il a ajusté ton traitement pour ne plus que tu es mal entre chaque prise car comme tu t’en es rendu compte, ton traitement perd en efficacité. Tu devrais être totalement soulagé avec le nouvel anti-douleur. Mais Célia doit attendre car elle doit respecter un délai entre chaque prise de ton médicament sinon tu risques d’avoir des effets secondaires comme avoir mal à la tête ou des vomissements. » Mon regard est compatissant, mes gestes sont lents et doux, mais j’exprime une certaine force pour le motiver, je suis plus à l’aise. Ne trouvant plus d’autre mot, je lui propose :
« Est-ce que tu veux que je reste avec toi ? Et je repars dès que Célia arrive. »
Il se mouche et se calme doucement. Puis sans me regarder, il me répond un peu gêné :
« Non ça va merci. Lucas et Max ils se foutraient de moi. »
Je demande sur un ton rieur et curieux :
« Max et Lucas ? »
« Ce sont mes potes au collège et il me prendrait pour un gamin qui chiale tout le temps. »
« Tu sais quoi ? J’ai entendu les médecins ce matin et ils parlaient de ton cas. Il disait que ta douleur ressemblait à une fracture du tibia et que c’était très douloureux. Ils affirment que dans les cliniques, les sportifs professionnels comme les footballeurs ont du mal à supporter cette douleur. Tu sais, tu peux pleurer parce que tu as mal, parce que tu es fatigué ou même parce que ça soulage. Ça ne veut pas dire que tu es faible bien au contraire. Nous, dans le service, nous sommes tous impressionnés par ton courage. »
Il hoche la tête positivement mais ne dit rien, il semble plus apaisé. Je remarque un jeu de carte UNO sur la tablette et je lui propose avec enthousiasme :
« Hey ! Ça te dit de faire une partie ? Enfin c’est comme tu veux bien sûr. »
Timidement, il répond :
« Je sais pas si je vais réussir à bien jouer. »
Je lui lance pour plaisanter :
« Mouais avoue plutôt que tu as peur que je te batte. »
Alexis sourit et me dit :
« Aucune chance ! »
Dans le calme, nous débutons la partie en attendant l’infirmière. Un peu plus tard, Alexis enfin soulagé par le nouvel antalgique, s’est endormi.

Analyse et Conclusion =❯


13 commentaires sur “Exemple Module 5 – Auxiliaire de puériculture

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  1. Merci de laisser votre M5. Attention à la mise en garde, en effet, non seulement le plagiat est interdit mais attention aussi à la demande de vos formateurs.
    Étant formateur moi même j’ai des attentes précises des étudiants. L’analyse est menée différemment.
    Ceci étant dit, j’apprécie ce site que je découvre aujourd’hui.


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