Diabète et diabète gestationnel


Définition:

Le diabète est un trouble de l’assimilation, de l’utilisation et du stockage des sucres apportés par l’alimentation. Cela se traduit par un taux de glucose dans le sang (encore appelé glycémie) élevé : on parle d’hyperglycémie.

Les aliments sont composés de lipides (graisses), protides (comme la viande) et glucides (sucres, féculents). Ce sont eux qui fournissent l’essentiel de l’énergie dont a besoin le corps pour fonctionner, passent dans l’intestin, puis rejoignent la circulation sanguine.

Quand on mange, le taux de sucre dans le sang augmente, les glucides sont alors transformés essentiellement en glucose. Le pancréas détecte l’augmentation de la glycémie. Les cellules bêta du pancréas, regroupées en amas appelés îlots de Langerhans, secrètent de l’insuline. L’insuline permet au glucose de pénétrer dans les cellules de l’organisme : muscles, tissus adipeux, et le foie où il va pouvoir être transformé et stocké.
Ainsi la glycémie peut augmenter légèrement, puis revenir à un taux normal et le glucose être converti en réserves et en énergie. Chez les personnes atteintes de diabète, ce système ne fonctionne pas

Examen et dépistage :

Prise de sang pour le dosage de la glycémie Un dosage de la glycémie est pratiqué en laboratoire : un diabète est avéré lorsque la glycémie à jeun est égale ou supérieure à 1.26 g/l, à deux reprises ou égale ou supérieure à 2 g/l à n’importe quel moment de la journée.

 Les deux types de diabète :

On distingue principalement deux types de diabète : le diabète de type 1 qui touche 10 % des diabétiques. Le  diabète de type 2 qui en touche 85 %. Les autres types de diabète concernent les  5 % restants.

1. Le diabète de type 1

Le diabète de type 1, anciennement appelé diabète insulino-dépendant (DID) est habituellement découvert chez les sujets jeunes : enfants, adolescents ou adultes jeunes.

Les symptômes du diabète de type 1:

Les symptômes sont : soif intense, urines abondantes, amaigrissement rapide. Ce diabète résulte de la disparition des cellules bêta du pancréas.

 L’organisme ne reconnaît plus ces cellules bêta et les détruit (les cellules bêta sont détruites par des anticorps et des cellules de l’immunité, les lymphocytes, fabriquées par l’organisme) : on dit que le diabète de type 1 est une maladie auto-immune. Le glucose ne pouvant entrer dans nos cellules retourne dans le sang. Le taux de glucose dans le sang s’élève alors. 

Les causes du diabète de type 1

On ignore pourquoi cette destruction des îlots de Langherans se produit, pourquoi chez certains et pas chez les autres. Il existe une prédisposition génétique (familiale) mais les autres causes sont mal connues : l’environnement aurait également un rôle.

Le traitement du diabète de type 1

Le corps ne fabriquant plus du tout d’insuline, l’unique traitement actuellement est l’apport d’insuline :

  • soit sous forme d’injections (injection d’insuline avec une seringue ou un stylo)
  • soit avec une pompe à insuline (traitement par pompe), appareil portable ou implantable destiné à administrer l’insuline en continu.

Diabète et hérédité ?

Le diabète est-il héréditaire ?
Le poids de l’hérédité diffère selon qu’il s’agit du diabète de type 1 ou du diabète de type 2. Lorsque l’un des deux parents est diabétique de type 2, le risque de transmission à la descendance est de l’ordre de 40 % et si les deux parents sont atteints, le risque grimpe à 70%. Il n’est que de 5 % dans le diabète de type 1, plus précisément 6 % si le père est diabétique, 2-3 % si c’est la mère (mais 30 % si les deux parents le sont). Il est donc utile de se construire un arbre généalogique pour repérer les personnes de sa famille qui sont diabétiques et connaître son patrimoine génétique.

2.Le diabète de type 2

Le diabète de type 2 apparaît généralement chez le sujet de plus de 40 ans ; cependant les premiers cas d’adolescents et d’adultes jeunes touchés apparaissent en France.

 Le surpoids, l’obésité et le manque d’activité physique sont la cause révélatrice du diabète de type 2 chez des sujets génétiquement prédisposés. Sournois et indolore, le développement du diabète de type 2 peut passer longtemps inaperçu : on estime qu’il s’écoule en moyenne 5 à 10 ans entre l’apparition des premières hyperglycémies et le diagnostic.
Dans le diabète de type 2, autrefois appelé non insulino dépendant (DNID), le processus est différent que dans le diabète de type 1. Deux anomalies sont responsables de l’hyperglycémie :

  • Soit le pancréas fabrique toujours de l’insuline mais pas assez, par rapport à la glycémie : c’est l’insulinopénie.
  • Soit cette insuline agit mal, on parle alors d’insulinorésistance.

L’insuline ne peut plus réguler la glycémie et cette résistance épuise progressivement le pancréas qui finit par ne plus assurer une production suffisante d’insuline. Ces deux mécanismes font que le glucose ne pénètre pas dans les cellules du corps et reste dans la circulation sanguine. Le taux de glucose dans le sang n’est pas régulé par l’insuline.

Les causes du diabète de type 2

Il n’existe pas une cause précise mais un ensemble de facteurs favorisants :

  • une origine génétique : le facteur familial est tout à fait prépondérant. Des antécédents de diabète du même type sont souvent présents dans la famille.
  • des facteurs environnementaux : alimentation déséquilibrée, un manque d’activité physique, responsables du surpoids.

Quel est le traitement du diabète de type 2 ?

Il est traité dans un premier temps par des mesures hygiéno-dététiques puis on a rapidement recours à des traitements anti diabétiques oraux ou injectables (injection d’insuline avec une seringue ou un stylo) dont l’efficacité n’est optimale que s’ils sont associés à une alimentation équilibrée et une activité physique régulière.
Le diabète de type 2 étant une maladie évolutive, après l’augmentation progressive des anti diabétiques (escalade thérapeutique), des injections d’insuline seront proposées au patient lorsque la carence en insuline sera trop importante.

Les complications du diabète

Le but du traitement dans les deux cas est de normaliser la glycémie : les hyperglycémies répétées et prolongées entraînent à long terme une altération des nerfs et des vaisseaux sanguins présents dans tout le corps. Ce sont les complications du diabète qui peuvent se traduire par une cécité, des atteintes des pieds pouvant conduire à des amputations, des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux, des troubles de l’érection ou une insuffisance rénale.

Conclusion

Les 2 principaux types de diabètes sont des maladies différentes mais caractérisées par un excès de sucre dans le sang et doivent être prises au sérieux et traitées efficacement. Il n’y a pas de « petits diabètes » ou de diabètes plus graves que d’autres.

Malgré la recherche médicale qui avance tous les jours, le diabète reste une maladie qui se soigne très bien mais qui ne se guérit pas. Il faut donc toute sa vie, se surveiller, garder de bonnes habitudes alimentaires et d’activité physique, prendre régulièrement ses médicaments. Un diabétique peut donc être un malade en bonne santé ! Oui à la qualité de vie !

 Le diabète gestationnel

  1. Définition

Le diabète gestationnel, appelé aussi « diabète de grossesse », survient chez la femme enceinte vers la fin du 2e trimestre

Comme pour le diabète, le diabète gestationnel est une intolérance aux glucides, c’est à dire un trouble de la régulation du glucose (glycémie) entraînant un excès de sucre dans le sang ou hyperglycémie chronique.

 2. Causes du diabète gestationnel

Sous le terme de diabète gestationnel, on regroupe deux populations différentes :

   1. les femmes qui ont un diabète méconnu et que la grossesse va révéler
   2. les femmes qui développent un diabète uniquement à l’occasion de la grossesse, trouble qui disparaît le plus souvent après la grossesse.

 S’il y a un risque accru de diabète pendant la grossesse, c’est que la grossesse est par nature diabétogène car il existe physiologiquement pendant cette période un état d’insulinorésistance qui va s’aggraver progressivement avec le déroulement de la grossesse.

Dans tous les cas, le diabète gestationnel doit être surveillé et traité car il comporte un risque pour la mère comme pour l’enfant.

 Selon la définition de l’OMS* : «le diabète gestationnel  est un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse.»

3. Symptômes

Comme pour le diabète, le diabète gestationnel peut passer inaperçu, être asymptomatique (sans symptômes) ou présenter des symptômes similaires : soif intense, mictions (urines) abondantes, fatigue importante…

4. Risques et complications du diabète gestationnel

Les risques pour la mère et pour l’enfant se situent essentiellement dans la période périnatale.

Risques pour l’enfant

Le glucose en excès chez la mère est transmis au fœtus en surplus. Cette réserve calorique excédentaire est stockée dans les organes de l’enfant, résultat : poids et croissance sont excessifs. C’est pourquoi la complication la plus fréquente est la macrosomie : un poids à la naissance trop important (supérieur à 4kg) et qui peut entraîner un accouchement difficile ou compliqué. D’autres complications pour l’enfant sont possibles comme :

  • détresse respiratoire
  • hyperglycémie néonatale
  • risque de développer un diabète de type 2

Risques pour la mère

Pour les mères, la complication la plus grave est la survenue d’une prééclampsie pouvant associer :

  • prise de poids
  • œdèmes
  • hypertension artérielle
  • accouchement par césarienne
  • risque de développer un diabète de type 2 après la grossesse
  • accouchement prématuré
  • toxémie gravidique (complications rénales)

5. Dépistage et diagnostic

Il n’y a pas de bénéfice médical à dépister toutes les femmes, mieux vaut se concentrer sur le dépistage des femmes à risque. Depuis 2010, en France, les recommandations ont évolué : diabétologues et gynécologues se sont mis d’accord sur les critères des personnes à risque et la méthode diagnostique à utiliser.

Femmes enceintes à risque

Les facteurs de risque du diabète gestationnel sont maintenant bien identifiés :

  • surpoids, obésité (IMC ≥ 25kg/m²)
  • femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux (apparentées au 1er degré de diabète de type 2)
  • âge (35 ans et plus)
  • macrosomie à la naissance d’un enfant précédent (c’est à dire un « gros » bébé à la naissance) 

Femme enceinte ne présentant pas de risque

Si la femme enceinte ne présente pas au moins un de ces facteurs de risque, on recherchera un diabète gestationnel seulement en cas d’hydramnios (quantité trop importante de liquide amniotique) ou de biométries fœtales (mesure de la dimension du fœtus) supérieures ou égale à 97e percentile.

6. Méthode de diagnostic

Pour celles qui présentent un de ces facteurs de risque, un premier test de glycémie à jeun au premier trimestre (idéalement avant la conception, dès l’intention d’avoir un enfant) est recommandé pour détecter un diabète de type 2 antérieur à la grossesse et passé inaperçu jusqu’ici. Puis, on réalise un second test appelé HGPO entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée (absence des règles).

La fin du test O’Sullivan
Auparavant on distinguait encore les femmes ayant une intolérance au sucre et celles ayant un diabète gestationnel. Aujourd’hui, le test dit de O’Sullivan a été supprimé. Dorénavant on utilise d’emblée le test d’HGPO (Hyperglycémie provoquée par voie orale) à 75g de glucose.

Une seule valeur de glycémie au delà des seuils définis (0,92g/L à jeun; ou 1,80g/L 1h après la charge orale en glucose; ou 1,53g/L 2h après) suffit à diagnostiquer un diabète gestationnel. (La notion d’intolérance au sucre n’existe plus, il n’y a que “glycémie normale” ou diabète gestationnel.)

Le diabète gestationnel en France : chiffres clés
En France, le diabète gestationnel a tendance à augmenter et touche entre 2 et 6%* des femmes enceintes (*taux de prévalence). Avec la nouvelle méthode de dépistage (supra), la prévalence pourrait monter à 12-13%. Dans la majorité des cas, le diabète gestationnel disparaît après la grossesse mais il peut aussi installer un diabète de type 2 quelques années plus tard.

7. Traitements du diabète gestationnel

Les clefs d’un traitement réussi s’appuient sur un dispositif qui comprend :

  • la motivation de la patiente,
  • son autosurveillance glycémique,
  • des mesures hygièno-diététiques,
  • une équipe pluridisciplinaire de médecins qui suivent l’évolution de la patiente et de son diabète (médecin généraliste, gynécologue, nutrionniste, diabétologue…).

La femme enceinte doit pratiquer l’autosurveillance glycémique. Objectif : garder une glycémie à un taux acceptable, soit inférieur ou égal à 0,92g/L à jeun. Ces résultats déterminent la prescription d’un traitement par insuline. Le premier traitement est la prise en charge diététique avec régime alimentaire adapté et contrôle du poids :

  • régime hypoglucidique (privilégier les aliments à faible index glycémique (qui font peu monter la glycémie))
  • repas fractionnés : répartition de la prise des glucides au cours de la journée (3 repas, 2 collations)
  • calcul de la ration calorique adaptée à chaque femme
  • privilégier les fibres (elles ralentissent l’absorption des glucides et donc le pic d’hyperglycémie post-prandiale)

Activité physique 

En dehors de contre-indications médicales, l’activité physique régulière et adaptée au profil de la femme enceinte est recommandée dans le cas d’un diabète gestationnel temporaire ou d’une grossesse avec un diabète. L’AFD vous propose des conseils et des exemples d’activités physiques.

Traitement par insuline

L’insuline est réservée aux femmes pour qui les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas pour atteindre les objectifs et l’équilibre glycémiques. L’insuline est prescrite par injection car les antidiabétiques oraux sont le plus souvent contre-indiqués pour la femme enceinte. Les insulines appelées “analogues rapides” sont utilisées. Des insulines de type NPH (lentes) peuvent être utilisées si nécessaire.

8. Prévention 

Les complications du diabète gestationnel sont-elles évitables ? La grande majorité des diabètes gestationnels ne vont pas se compliquer car ils vont très bien répondre à l’association de modifications nutritionnelles et d’une activité physique adaptée

 

Laisser un commentaire