Grossesse, prématurité et déni


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La grossesse est un état totalement naturel mais cela ne veut pas dire que c’est un état facile à vivre!

LA GROSSESSE

La durée de la grossesse est calculée de deux façons

➡  En semaines d’aménorrhées, c’est-à-dire en semaines sans règles, comptée à partir du premier jour des régles.

➡  En semaines de grossesse réelle. Elle débute au commencement de la troisième semaine d’aménorrhée, à la fécondation. C’est donc le nombre de semaines d’aménorrhées moins deux semaines. Les semaines de grossesse correspondent à l’âge réel du bébé.

C’est le première façon qui est retenue comme traité international pour toutes les données de la grossesse.
Il est en effet plus fiable car toute femme connaît le jour de ses dernières règles, alors que l’ovulation peut ne pas avoir lieu au 14ème jour du cycle.

Les statistiques prouvent que la grossesse a une durée variable. Elle dure en moyenne :

280 jours comptes à partir du 1er jour des dernières règles ou 266 jours comptes à partir du moment de la fécondation.

La date de l’accouchement peut varier de deux semaines dans un sens ou dans l’autre.
L’accouchement se situant normalement à 40 semaines : 25% des femmes accouchent à 38 ou 39 semaines alors que 30% n’accouchent qu’à la 42ème.

Symptômes habituels :

La nausée, les brûlures d’estomac, les œdèmes, et les migraines, il existe d’autres complications qui peuvent se présenter et être facilement traitées par médicaments, ou sont sans risque pour la mère et le bébé.

Les facteurs de la grossesse à risques :

  1. L’âge de la femme enceinte
  •  Si future mère a moins de 18 ans, certains risques sont plus importants que chez une femme plus âgée :
    risque de toxémie gravidique (convulsions accompagnées d’une hypertension) et de l’hypertension est multiplie par 3, risque d’ accouchement prématuré par 2, risque de moralité périnatale par 2, risque d’avoir un enfant trisomique est augmenté.
  •  Quand la femme a plus de 38 ans : Hypertension et maladies rénales, peuvent avoir un risque de retard dans le développement de l’enfant. Le taux de césarienne est plus élevé, le risque de fausse couche lui aussi. Le risque le plus grave reste la trisomie 21 est l’amniocentèse est presque systématiquement pratiquée pour dépister toute anomalie de cet ordre.

2. Le nombre de grossesses précédentes

A partir du 4ème enfant : risque d’accouchement difficile augmente car l’utérus peut avoir perdu une partie de son pouvoir de contractibilité.
Hémorragies au moment de la délivrance sont plus fréquentes car la femme qui attend son 4ème ou 5ème enfant surveille moins sa grossesse.

3. Les grossesses multiples

  • Particulièrement surveillée quand la femme attend des jumeaux ou plus.
  • En début de grossesse, les probabilités d’avortement spontané sont assez grands.
  • Accouchement prématuré  est le plus à craindre et l‘hospitalisation est nécessaire dans ce cas.

4. Les maladies de la future mère

Peuvent entraîner souffrance fœtale, malformations, avortement ou accouchement prématuré.
Les maladies incriminées sont  l’alcoolisme, l’anémie, le diabète, l’hépatite virale, l’herpès, l’hypertension artérielle, l’incompatibilité rhésus, l’infection urinaire, la listériose, la rubéole, le Sida, le lupus….
Surveillance toute particulière pendant toute la durée de leur grossesse.

Les risques d’avoir un enfant anormal

  1. Risques augmentés quand :

– maladie héréditaire dans l’une ou l’autre des familles.
– Si problèmes lors d’une grossesse précédente.
– Plus la future maman est âgée et plus il y a de risques d’aberrations chromosomiques.
– Les mariages consanguins

2. Pour prévenir les anomalies

Le diagnostic prénatal diminue largement le risque de mettre au monde un enfant handicapé : 97 % des grossesses aboutissent à la naissance d’un bébé en bonne santé.
En cas d’anomalie grave, une interruption de grossesse peut être envisagée.

 Les types de problèmes de naissance

1 enfant sur 33 souffre d’une maladie congénitale à la naissance.
Une maladie congénitale = déficience physique ou mentale causée par une anormalité présente à la naissance de l’enfant.
Il existe des facteurs génétiques, des facteurs environnementaux, et les deux peuvent se combiner Mais aussi des facteurs tel que l’alcool, ou certains médicaments mais dans environ 70% des cas, les causes de la maladie congénitale resteront inconnues.

Les maladies congénitales les plus répandues sont :

  •  la fente labiale (ou bec de lièvre) qui touche 1 enfant sur 1000
  • le syndrome de Dawn (ou trisomie 21) en moyenne il est de 1 sur 1000 : (varie selon âge de la mère).

La grossesse extra utérine  

Grossesse extra utérine ou grossesse tubaire nécessite une surveillance particulière. C’est une complication anormale qui arrive quand l’ovule fécondé s’implante en dehors de l’utérus, le plus souvent dans les trompes de Fallope.

→ grossesse non viable (il n y aura pas de développement embryonnaire).
→Si fausses couches auparavant, il faut faire une échographie au début de la grossesse.

Symptômes ressentis pendant les six premières semaines de grossesse. S’ils sont détectés à temps, la femme peut être guérie et le bébé sauvé grâce à des médicaments ou une opération chirurgicale.

Les Causes :

– les pilules progestatives microdosées qui diminuent la mobilité de la trompe
– le tabac
– les séquelles d’infections des trompes (salpingite)
– les antécédents de microchirurgie des trompes ou de grossesse extra-utérine.
– le stérilet empêche les grossesses intra-utérines de s’implanter dans la cavité, mais n’empêche pas une grossesse extra-utérine de se développer.



LE DENI DE GROSSESSE

Pas la moindre nausée, pas le moindre petit ventre rond, des règles régulières et au hasard d’une visite médicale, voire le jour de l’accouchement, on apprend qu’on est enceinte.
1 à 3 cas pour 1 000 naissances en France, c’est-à-dire entre 600 à 2 000 dénis de grossesses par an, mais ces chiffres sont assez incertains.
Au sens de Freud, c’est un mode de défense permettant au sujet de refuser de reconnaître une réalité considérée comme traumatisante.
Le déni est partiel si la grossesse est découverte pendant la grossesse et total ou absolu s’il se poursuit jusqu’à l’accouchement

Dans les cas observés :

  • Les signes habituels de la grossesse ne se manifestent pas : nausées, fatigue, changement de volume des seins.
  • Les règles continuent parfois avec la prise de la pilule ou des saignements sont pris comme tels.
  • La prise de poids est faible : de l’ordre de 4 à 5kg.
  • La future mère a pris peu de ventre et la prise de poids se concentre sur d’autres parties du corps. Chez les femmes rondes, on n’observe parfois aucun changement de taille.
  • Le fœtus bouge peu et se développe comme en secret, par exemple, dans la partie supérieure de l’utérus.

Le rôle de l’entourage

Du fait de l’absence de signes de grossesses, l’entourage passe à côté de la grossesse.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le compagnon ou le mari, les parents, les amis, même l’entourage très proche ne se rend compte de rien. Dans le cas de déni total, c’est seulement au moment de l’accouchement qu’il découvre la nouvelle.

Les révélateurs

Des douleurs au ventre, au dos poussent souvent la personne à consulter.
Parfois, elle croit être confrontée à une colite néphrétique, une infection urinaire, une gastro-entérite, voire une appendicite ! Il arrive que le diagnostic passe à côté de la réalité de la grossesse. Alors, c’est le jour même de l’accouchement que la patiente découvre sa maternité quand elle commence à perdre les eaux ou est confrontée à des contractions ou à des saignements.

Un profil-type ?

Une étude réalisée auprès de deux maternités du Nord-Pas-de-Calais auprès de 2550 femmes, a observé 56 cas de dénis de grossesse.
– 50% étaient un déni partiel
– 50% étaient un déni total
– Dans près de la moitié des cas, la patiente était déjà mère d’un ou deux enfants.
– Tous les milieux sociaux étaient concernés.
– Selon une autre étude réalisée au CHU de Poitiers (en 1993) portant sur 9815 accouchement dont 18 dénis massifs, les femmes les plus exposées étaient :

  • Jeunes : âge moyen de 22, 9 ans
  • Primipares (67,8%)
  • Célibataires (69,7%)
  • Etudiantes (21,5%) ou sans profession (41%)
  • Vivant chez leurs parents (51,8%)
  • En couple (28,6%)

Les causes du déni de grossesse

  • Une stérilité supposée
  • Des grossesses très rapprochées
  • Le contexte familial, notamment pour les adolescentes
  • L’enfant d’une liaison extraconjugale
  • Un bébé non désiré
  • Le souhait d’une grossesse non médicalisée
  • Une grossesse résultant d’une agression sexuelle.

 Le risque d’infanticide

Quand le déni est total, l’accouchement s’accompagne d’un état de sidération.
Le choc psychologique est très important, surtout quand la patiente découvre seule sa maternité au moment ou elle est en train d’accoucher et n’a pas recours à son entourage.
Le travail est souvent très rapide et perçu comme un besoin d’aller à la selle : ces bébés naissent souvent dans les toilettes.
La mort du bébé peut survenir de manière accidentelle, par manque de soins, suite à un traumatisme crânien ou suite à une intervention de la mère.
Cette confrontation brutale avec la réalité peut occasionner une vraie peur panique qui peut conduire à des pulsions infanticides : mais le néonaticide concernerait moins de 10% des dénis de grossesse.
 Dans certains cas, la mère croit sont enfant mort-né et s’en débarrasse alors qu’il est encore vivant. La mère se met, de son côté, fortement en danger avec les risques d’hémorragies consécutifs à l’accouchement.
 Non seulement dans les heures qui suivent la naissance, la mère réalise brutalement qu’elle était enceinte sans le savoir mais de plus que son bébé est mort ! Comme si ce double drame n’était pas suffisant, cette femme est jetée en prison. C’est cette attitude moyenâgeuse que dénonce l’Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse.
 C’est un réel problème de santé publique. L’Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse se bat pour que le déni de grossesse soit maintenant juridiquement reconnu.


LES NAISSANCES PRÉMATURÉES

Définitions :

Il est possible que le bébé naisse avant les 41 semaines d’aménorrhée, notamment en cas de grossesse à risque
Cependant, si le bébé vient au monde entre la 37ème et la 41ème semaine d’aménorrhée, il sera considéré comme un enfant « né à terme ».
En revanche, s’il naît avant 37 semaines d’aménorrhée, il sera considéré comme un enfant « prématuré », c’est-à-dire « né trop tôt ».

Lors d’un accouchement avant terme, c’est grâce au calcul du nombre de semaines d’aménorrhée que l’équipe médicale, qui vous entoure, évalue le niveau de prématurité de votre bébé.
On distingue 3 niveaux différents :
– la prématurité moyenne pour les bébés nés entre la 33ème semaine et la 37ème semaine d’aménorrhée – la grande prématurité pour les bébés nés entre la 28ème et la 32ème semaine d’aménorrhée (incluse) ;
– l’extrême prématurité pour les bébés nés avant la 28ème semaine d’aménorrhée

Les chiffres :

– en Europe : 500 000 naissances prématurées par an (soit environ 7 % des naissances)
– en France, entre 6 et 8 % des naissances sont prématurées selon les études. Les grands prématurés représentent environ 1,6 % des naissances (sur + de 800000 naissances par an)

De plus en plus de naissances prématurées

Causes :
– l’augmentation de l’âge moyen des femmes enceintes
– l’évolution des modes de vie
– le recours à la PMA donc naissance de jumeaux de triplés
Les chances de survie des bébés prématurés augmentent parallèlement à l’augmentation du nombre de bébés prématurés

Solutions : 

Une meilleure prise en charge médicale des « grossesses à risque » est susceptible de diminuer le taux de prématurité. Un traitement à la progestérone peut par exemple dans ce cas être proposé à certaines femmes. L’arrêt du tabac montre une efficacité certaine sur la diminution des accouchements avant terme.

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