Le suicide


le suicide

Le suicide est l’acte délibéré de mettre fin à sa propre vie. Le suicide est souvent commis par désespoir, cause qui peut être attribuée à un trouble mental tel que la dépression, le trouble bipolaire, la schizophrénie, l’alcoolisme ou l’abus de substances. Des facteurs de stress tels que les problèmes financiers ou des problèmes dans les relations humaines jouent souvent et également un rôle significatif.

Chaque année, plus d’un million d’individus se suicident. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le suicide est la treizième cause de mortalité la plus fréquente dans le monde. Le suicide est la cause principale de mortalité chez les adolescents et adultes âgés de moins de 35 ans. La prévalence du suicide est trois à quatre fois plus élevée chez les hommes que chez les femmesLes tentatives échouées de suicide dans le monde sont estimées entre 10 et 20 millions chaque année.

Les types de suicides selon Durkheim

1. Egoiste

Le suicide égoïste intervient lors d’un défaut d’intégration : l’individu n’est pas suffisamment rattaché aux autres. La société tient les individus en vie en les intégrant 

2.  Altruiste 

A l’inverse du suicide égoïste, le suicide altruiste est déterminé par un excès d’intégration. Les individus ne s’appartiennent plus et peuvent en venir à se tuer par devoir (les suicides dans l’armée, dans des sectes, etc.).

3. Anomique 

Le suicide anomique intervient lors de changements sociaux brutaux. Les individus qui ont perdu tous leurs repères moraux, sont incapable de s’adapter.

4. Fataliste 

Le suicide fataliste, quant à lui, intervient dans les cas d’excès de régulation : la vie sociale est extrêmement réglée, les marges de manœuvre individuelles sont réduites. Le contrôle social, les normes, sont trop importants. Le suicide apparait comme incontournable car inscrit dans le destin.

Causes

  1. Facteurs primaires 

Ce sont des facteurs d’alerte majeurs. Les troubles psychiques(notamment la dépression et la schizophrénie), une dépendance (alcoolisme, drogues), des antécédents personnels ou familiaux de suicide (notamment les comportements suicidaires antérieurs), l’impulsivité.

2. Facteurs secondaires 

Ce sont des facteurs environnementaux pouvant déclencher le passage à l’acte : des pertes parentales précoces, un isolement social et affectif (notamment le veuvage chez les hommes), des difficultés financières et professionnelles (endettement, chômage, mauvaises conditions de travail), des événements traumatisants (conflits relationnels, perte d’un proche, agression, accident, harcèlement), une maladie somatique invalidante, la maltraitance(chez les enfants et personnes âgés) et / ou 

3. Facteurs tertiaires :

L’âge : vieillissement plus ou moins accepté, le genre, la sexualité (homophobie, discrimination)

Solution

  1. Le dialogue 

Le suicide est généralement annoncé ; beaucoup de suicidés ont essayé de prévenir leurs proches et laissent une lettre d’adieu afin d’expliquer leur geste. Ces pensées sont à prendre au sérieux ; s’il y a un risque de tentative de suicide, il faut en parler avec la personne ouvertement afin de pouvoir l’éviter. Lorsque l’on discute, il ne faut pas porter de jugement ; on peut tenter de faire se remémorer à la personne d’anciens problèmes et les stratégies qu’elle avait mises en œuvre pour les résoudre. Si vous lui demandez : « ça ne va pas ? », elle risque de se renfermer dans une réponse de type : « Mais si ça va très bien. » Alors que si vous dites « je te sens mal », vous vous impliquez personnellement, et vous montrez que non seulement vous offrez une écoute, mais même un véritable dialogue. À partir de là, tout dépend de la situation et de votre lien avec elle. Mais vous pouvez essayer de l’orienter vers un soutien, un spécialiste ou une association qui pourront l’aider.

2. Prise en charge 

Les personnes qui ont fait une tentative de suicide sont en général prises en charge en service de soins à l’hôpital (à la suite d’un empoisonnement ou des blessures nécessitant souvent une réanimation). Une fois l’épisode critique surmonté et l’éloignement de tout danger vital, le patient est orienté vers un service de psychiatrie. L’hospitalisation est volontaire dans la grande majorité des cas, mais certaines dépressions sévères (mélancolie, dépression délirante) peuvent entraîner une hospitalisation à la demande d’un tiers, voire une hospitalisation d’office. Dans tous les cas, les sujets ayant fait une tentative de suicide doivent être évalués par un psychiatre, et souvent orientés vers une structure adaptée à la prise en charge d’une cause curable de suicide (dépression très souvent, mais aussi psychose, alcoolisme, etc.). Dans le cas d’un séjour en psychiatrie, il est proposé un suivi ultérieur en consultation psychiatrique (hospitalière ou avec un psychiatre libéral). Malgré ces efforts de prise en charge et la possibilité d’hospitalisation contre le gré du suicidant, en France, un quart des adolescents mineurs suicidants sortent de l’hôpital sans avoir eu de consultation psychiatrique. Cette prise en charge des personnes qui tentent de se suicider est importante car les risques d’une nouvelle tentative sont grands (75 % dans les deux ans). Il est cependant aussi nécessaire de faire une prévention du suicide en amont. 

3. Prévention

  ➡ 2011 programme national d’actions face au suicide. Il prévoit des actions de prévention :

  • développer les compétences psychosociales des enfants et adolescents ;
  • améliorer et faire connaître les dispositifs d’intervention à distance dédiés à la prévention du suicide ;
  • prévenir l’isolement social et la détresse psychique (en particulier des personnes atteints d’un handicap psychique, des personnes sourdes et malentendantes, des personnes âgées) ;
  • prévenir les attitudes homophobes ;
  • prévenir les risques psycho-sociaux chez les assurés agricoles ;
  • renforcer la prévention en milieu carcéral et en établissement médico-social ;
  • limiter l’accès aux moyens létaux (armes à feu, sécurisation des lieux utilisés pour des passages à l’acte).

 ➡ Amélioration de la prise en charge de la souffrance psychique 

  • repérer et prendre en charge la souffrance liée au travail ;
  • améliorer la prise en charge de la dépression chez l’adolescent ;
  • développer des structures pour la prise en charge des « personnes à risque suicidaire »
  • améliorer la prise en charge des personnes en situation de précarité.

 ➡ 2013, le Conseil économique, social et environnemental a publié un avis « Suicide, plaidoyer pour une prévention active » qui recommande de : 

  • créer un observatoire national du suicide, chargé de centraliser, d’exploiter et d’enrichir les données disponibles afin de mieux identifier les facteurs de risque ;
  • promouvoir les dispositifs d’alerte, de suivi de la crise suicidaire et enfin
  • conforter, voire augmenter, les moyens des réseaux de santé impliqués dans leur prise en charge.

  ➡ 2 février 2016, l’Observatoire a remis son 2e rapport à la Ministre de la Santé « Suicide. Connaître et prévenir : dimensions nationales, locales et associatives », qui fournit :

  • un bilan de la recherche sur le suicide,
  • un dossier sur les actions de prévention
  • un dossier sur les données récentes sur les facteurs de risques, et 7 fiches synthétiques
  • une déclinaison des chiffres de suicide et tentatives de suicide par département

 ➡ Le Comité de national pour la bientraitance et les droits des personnes âgées et handicapées (CNDB) a émis en octobre 2013 des recommandations pour la prévention du suicide chez les personnes âgées , s’articulant autour de trois axes : 

  •  renforcer l’information et la communication à destination du grand public, notamment sur le fait que la dépression n’est pas une fatalité de l’âge, promouvoir toute action de prévention de l’isolement des personnes âgées, et établir une « charte medias ».
  •  améliorer la formation initiale et continue de tous les intervenants auprès des personnes âgées, qu’ils soient bénévoles ou professionnels.
  •  mieux valoriser les actions et dispositifs déjà existants sur l’ensemble du territoire.

 ➡ Ligne d’écoute et association 

  • 01 42 96 26 26, sos amitié avec leur site
  • 01 45 39 40 00, suicide écoute avec leur site 
  • apsytude avec leur site
  • sos suicide phenix avec leur site