Maison de retraite et EHPAD



Article sur les maisons de retraite et les EHPAD 

Le niveau de dépendance des personnes âgées augmente, c’est le résultat d’une étude réalisée auprès d’environ de 5000 établissements.
Moyenne d’âge : 85 ans. Capacité d’accueil : 86 places. Niveau de dépendance des pensionnaires : en forte aumentation. Nombre de résidents atteints par la maladie d’Alzheimer : environ un sur deux (45 %).
C’est le portrait robot d’une maison de retraite aujourd’hui en France, dressé dans le dernier rapport sur la bientraitance dressé par l’Anesm (Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements sociaux et médico-sociaux).
Les maisons de retraite ont joué la transparence
Pour la deuxième fois, l’agence a envoyé un questionnaire sur leurs pratiques à quelque 7 000 établissements d’hébergement de personnes âgées dépendantes (Ehpad) et recueilli les réponses de plus de 5000 d’entre-eux pour l’année 2010.
Un des principaux constat de ce rapport est cependant celui de la dépendance accrue des résidents. «Aujourd’hui, les personnes âgées rentrent plus tard en établissement tout simplement car elles restent plus longtemps chez elles. Le taux moyen de dépendance des établissements a donc vocation à être plus lourd»
«On est aujoud’hui obligé de médicaliser d’avantage les maisons de retraite. Cela n’augmente pas forcément les risques de maltraitance mais il faut que l’encadrement puisse suivre»
Or, selon cette dernière il existe un hiatus entre les ambitions affichées et la réalité du terrain. «Il y a eu des progrès mais les PLFSS de ces dernières années ne sont pas à la hauteur pour garantir le bon encadrement des résidents, notamment aux moments clés de la toilette et des repas». Un sujet sensible. Le taux d’encadrement global des personnes âgées est aujourd’hui de 0,58 pour une place indique le rapport de l’Ansem.
. L’encadrement devrait être de l’ordre de 0,8 pour garantir une prise en charge de qualité et rattraper le retard de la France par rapport à ses voisins européens».
Les maisons de retraite doivent s’adapter à la déferlante de malades atteint par Alzheimer ou des maladies apparentées. 40 % d’entre-elles sont dotées d’unités dédiées contre 34% en 2009. En matière de formation, beaucoup reste à faire.
Aujourd’hui, seulement une maison de retraite sur deux déclare que plus de 60% de son personnel est formé à la prise en charge de ces troubles cognitifs pathologiques.
Le ministère des solidarités et l’Anesm tiennent à souligner des évolutions positives dans l’évaluation initiale des besoins des résidents, l’élaboration d’un projet personnalisé et la participation des personnes âgées à la vie de l’établissement.
«L’organisation du traitement des faits de maltraitance est une pratique en forte progression qui concerne à présent 74% des établissements, contre 60% il y a seulement un an», relève dans un communiqué la ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, faisant valoir au passage «une augmentation de 6,3% des crédits alloués au secteur des personnes âgées en 2012».

2- L’avenir des maisons de retraite :

Dans les maisons de retraite, les listes d’attente ont-elles cédé la place aux chambres vides ? En pleine réflexion sur la prise en charge de la dépendance, un débat sur les capacités d’accueil des aînés fragilisés se profile. L’offre en maison de retraite médicalisée (Ehpad) apparaissait «globalement satisfaisante». Néanmoins, les maisons de retraite pourraient être mieux réparties sur le territoire, reconnaît le groupe de travail.
«Des manques sont patents dans la région parisienne ou en Paca. Je conteste que l’on dispose d’assez de places « Mais le nombre de personnes de plus de 75 ans augmente plus vite encore, donc le taux d’équipement diminue.» On compte environ 680 000 pensionnaires dans les maisons de retraite en France, selon une étude de la Drees datant de… 2007.
«Nous faisons moins face à un problème de file d’attente qu’à un problème de solvabilité financière des pensionnaires»En clair, les maisons de retraite coûtent cher, trop cher. Près de 2 000 euros restent à la charge de la personne âgée – ou de ses proches – par mois dans le public. Un chiffre déjà supérieur au montant de la retraite moyenne. Et les tarifs sont autrement plus élevés dans le privé, dépassant 5 000 euros dans les maisons de retraite les plus luxueuses. Or ce sont elles qui, depuis une décennie, ouvrent le plus de places. «Les conseils généraux préfèrent souvent autoriser un projet privé, car il sortira de terre autrement plus vite que s’ils lancent eux-mêmes un projet soumis aux règles pesantes des marchés publics», poursuit ce spécialiste.
Mais si les maisons de retraite sont onéreuses, c’est aussi parce qu’elles sont devenues ultramédicalisées. Et pour cause : on y arrive en état de dépendance forte, après être resté chez soi le plus longtemps possible. «La prise en charge des seniors dépendants devrait passer, entre autres solutions, par des structures d’accueil plus souples, intermédiaires entre le maintien à domicile et la maison de retraite» «Il y a un besoin de structures moins médicalisées pour les personnes qui souhaitent rester dans un logement tout en partageant des services communs»,
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En France, ce système existe déjà sous deux formes : les résidences services et surtout les foyers logements. Destinés à des personnes âgées de 60 ans et plus, autonomes ou légèrement dépendantes, les foyers logements affichent un coût d’environ 400 à 1 000 euros par mois. On peut y vivre entouré de ses meubles, en disposant de sa propre cuisine. Un système de soins médicaux et des services collectifs, comme la blanchisserie ou la restauration, y sont proposés. Pour Pascal Champvert, c’est l’avenir du secteur : «Les maisons de retraite médicalisées ne correspondent pas à ce qu’attendent les Français car elles ne sont pas des vrais domiciles. Qui voudrait finir ses jours dans une chambre d’à peine 20 mètres carrés en payant 2 000 euros par mois ?»

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