Exemple Module 5 – Auxiliaire de puériculture


ANALYSE

 – POINTS FORTS

Je suis attentive au langage verbal d’Alexis mais surtout à son langage corporel, pour cela je l’observe attentivement en interprétant ses gestes, sa posture, son visage mais aussi sa voix. C’est ainsi que je comprends qu’il a mal.
Je verbalise mes actes, je demande à Alexis de m’indiquer ce qui est le mieux pour lui, par exemple pour le changement de position. Il peut se sentir rassuré car je ne le brusque pas, je ne décide pas à sa place et lui seul c’est ce qui peut le soulager ou au contraire l’incommodé, au lieu de subir des actes qu’on lui prodigue, je le rends acteur.
Je suis proche de lui, cette proximité est importante dans la communication, Alexis distingue mon visage, mes gestes, il peut bien m’entendre, il sent que je suis impliqué auprès de lui et que je ne fuis pas. Il se sent reconnu dans ce qu’il vit, entendu dans sa souffrance, ses angoisses, ses peurs et ses interrogations.

J’utilise son prénom, en le nommant il se sent considéré, je sais qui il est et je m’intéresse à ses besoins.
Quand Alexis se met à pleurer et qu’il devient de plus en plus agité, j’utilise un feedback négatif c’est-à-dire que je lui parle calmement, ma gestuelle est douce et je souris en parlant, ce qui permet de faire diminuer la tension, il peut ainsi se calmer car il se sent écouter. Alexis ne semble pas énervé ou en colère, il me confie sa souffrance et je l’autorise à l’exprimer, je fais preuve d’écoute bienveillante dans ce moment privilégié avec le patient.
En parlant de ses amis je m’intéresse à lui, j’instaure ainsi une relation où Alexis peut se sentir comme un enfant de son âge et non pas comme un enfant malade.
Je le regarde dans les yeux durant les échanges, ainsi il peut comprendre tous les messages que je souhaite lui faire passer mais aussi je peux voir ses réactions et savoir s’il comprend et écoute mon message. Mon regard n’est pas fuyant au contraire il est bienveillant.

Face à ce garçon je me suis positionné en situation de communication d’aide, c’est-à-dire que j’ai pris le temps pour Alexis, je me suis centrée sur ses besoins en écoutant attentivement ses difficultés. J’ai fait preuve de patience et d’empathie face à lui, je comprends sa douleur et je lui montre, il ne sent pas seul, il sait qu’il peut exprimer ce qu’il ressent et je pense qu’il me fait confiance.

Je savais qu’Alexis était seul car personne ne pouvait rester avec lui cette nuit. L’hôpital pour un enfant peut être un lieu anxiogène, négatif. En proposant de jouer avec lui, je lui ai tenu compagnie, j’ai su le divertir et faire en sorte qu’il ne se centralise pas sur ses angoisses et sa douleur.

 – POINTS FAIBLES

Dans la chambre il y avait très peu de lumière, cela freine la communication entre le patient et moi car dans l’obscurité on discerne mal les expressions du visage, le regard alors qu’ils sont aussi importants que la parole.
Je sais que le patient a mal, pour le déplacer je m’aide d’un coussin et du lit médicalisé, à aucun moment je ne le touche, cela crée une distance entre lui et moi. Car même si je ne veux pas le blesser, en évitant de le toucher, le patient peut le vivre comme un sentiment de rejet, il peut se dire qu’on ne le touche pas parce qu’il est malade.
Je sais qu’Alexis est algique quand je comprends que sa douleur est importante, je me sens impuissante et je quitte la chambre. A ce moment-là, en fuyant, je ne le rassure pas. En lui disant que je vais chercher l’infirmière, je lui montre que la situation m’échappe et que je ne sais pas quoi faire. Dans la confusion et la rapidité de mes gestes il voit que je suis gênée, je lui montre par ce comportement qu’il ne peut pas me faire confiance car moi-même je suis dépassée par sa douleur.
Au moment où il se met à pleurer, je ne dis rien et m’éloigne même du lit pour aller dans la salle de bain, cette attitude bloque la communication. Je me sens impuissante et je fuis devant sa souffrance, à ce moment-là je ne suis plus dans une situation d’écoute et d’empathie.

CONCLUSION

La communication est le dixième besoin fondamental selon Virginia Henderson, on ne peut pas bien soigner sans la prendre en compte.
Ce travail m’a permis de comprendre mes appréhensions, mes qualités mais aussi mes limites. Durant toute ma communication avec Alexis j’ai essayé de le rassurer, de le soulager, de trouver des moyens pour diminuer sa douleur. La douleur est quelque chose qui me déstabilise et me préoccupe et je cherche à tout prix à l’éviter. Or parfois on ne peut pas la soulager totalement, ni l’oublier, il faut donc faire avec et l’analyse de cette communication m’a permis de comprendre ça et d’apprendre à ne pas en avoir peur pour aider mes patients à traverser cette étape difficile.

Si je devais refaire cette situation de communication, je parlerais moins à Alexis de sa douleur, des soins, de l’hôpital, je lui parlerais de l’école, de ses amis, des loisirs qu’ils aiment faire. Je lui permettrais de se sentir comme un enfant « normal » et non plus un patient et surtout cela lui permettrait de penser à autre chose. A la fin de ma communication il est plus apaisé, pourtant il n’y a pas eu de prise d’antalgique et aucun soin ne lui a été pratiqué, du moins médical, car parler et jouer lui a permis de ne plus se focaliser sur sa douleur.
Je me suis sentie impuissante, je pensais ne rien pouvoir faire pour lui, je n’avais aucune pratique, aucun soin à mettre en œuvre pour lui venir en aide. A ce moment-là, je pensais que seul un antalgique était la solution et cela m’a fait prendre conscience que je ne devais pas faire du soin mais que je devais prendre soin, la communication est un soin à part entière.
Cet exercice m’a permis de voir comment je communiquais dans mon métier d’auxiliaire de puériculture, la relation que j’ai pu créer, même si ma posture n’était pas parfaite. Il s’est senti écouté, soutenu, j’ai même eu le droit à un sourire, cette communication a été enrichissante pour moi.

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13 commentaires sur “Exemple Module 5 – Auxiliaire de puériculture

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  1. Merci de laisser votre M5. Attention à la mise en garde, en effet, non seulement le plagiat est interdit mais attention aussi à la demande de vos formateurs.
    Étant formateur moi même j’ai des attentes précises des étudiants. L’analyse est menée différemment.
    Ceci étant dit, j’apprécie ce site que je découvre aujourd’hui.


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